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Penser est un acte quotidien

  • Photo du rédacteur: Roseline Pendule
    Roseline Pendule
  • il y a 8 heures
  • 4 min de lecture

Oui, d'accord, ce titre est un peu étrange parce qu'il semble impossible de vivre sans penser. Néanmoins, il a pour but de faire ressortir deux choses : penser est un acte, ce qui suppose une certaine conscience et justement, nous pensons trop souvent de manière automatique, "sans y penser" dit-on d'ailleurs.


penser au quotidien

Et, en deuxième entrée, nous avons l'association entre le penser et le quotidien, parce qu'il demeure une idée insidieuse selon laquelle penser serait une activité spécialisée réservée à des gens biens sous tous rapports qui publient leurs réflexions, les enseignent ou encore, ceux qui ont le temps avec un petit clin d'œil aux oisifs de l'Antiquité.


Autant vous dire que toutes ces visions sont dépassées voire tout bonnement hors de propos. Il n'y a pas d'un côté ceux qui pensent et de l'autre ceux qui vivent. Penser est une façon d'habiter la vie quelque soit son métier ou sa formation ou son appréhension du quotidien. Qu'il faudrait penser davantage lui, c'est sûr.


Penser n’est pas accumuler des idées

On confond encore souvent pensée et érudition alors que les deux mots ne signifient pas la même chose. Lire beaucoup est une excellente chose, ce n'est pas moi qui pourrais dire le contraire. Connaître des références s'avère utile dans la compréhension de notre environnement, tout comme maîtriser des concepts. Tout cela est précieux, mais ne correspond pas au fait pur de penser qui sert à faire des liens.


Penser permet de lier un fait et une valeur, une émotion avec une décision, une habitude avec ses conséquences ou encore, une lecture avec un geste concret. Cette liste n'est pas exhaustive.


La pensée commence au moment où nous interrogeons ce qui semble évident.

Pourquoi agissons-nous comme ça ? Pourquoi ceci nous met-il en colère ? Pourquoi considérons-nous que telle chose est importante alors que nous n'y consacrons pas de temps ?... Ce sont des actes intellectuels qui se jouent aussi bien dans la cuisine qu'au travail, dans le couple ou au supermarché.


Le quotidien est un champ philosophique


Il semblerait aussi que la pensée ait des lieux dédiés. Elle aurait toute sa place dans

les amphithéâtres, les essais ou les conférences. Pourtant, l’essentiel de nos choix se prend ailleurs.


Quand nous choisissons ce que nous mangeons, comment nous organisons notre dimanche, à quoi nous disons oui, à quoi nous renonçons et comment nous répondons à "Tu fais quoi dans la vie ?"


Sans nous en rendre compte, nous pratiquons la philosophie appliquée, car chaque geste porte une vision du monde. La question n’est donc pas : "Est-ce que je pense ?" mais "Est-ce que je pense consciemment ?"


Ne pas penser au quotidien, c’est le déléguer


penser au quotidien est un choix

Quand on ne pense pas son quotidien, on le subit. On répète des modèles familiaux,

des injonctions sociales, des habitudes culturelles et des réflexes économiques. Ce n'est pas forcément négatif ou dramatique, mais ce n'est pas choisi.


Penser n’est pas non plus devenir radicale ou vouloir s'opposer à tout par principe. Cela consiste à reprendre la main sans vouloir tout révolutionner, simplement pour comprendre. On peut ensuite continuer à faire la même chose en sachant que c'est ce qui nous convient et pourquoi cela nous convient. Cette nuance change tout.


La pensée n’a pas besoin d’être spectaculaire


Autre préjugé, penser ne signifie pas produire des thèses. Cela peut être :


  • tenir une question pendant un mois,

  • écrire trois lignes dans un carnet,

  • relier une exposition à son rapport au travail,

  • relire son emploi du temps à la lumière de nos valeurs.


Cela peut être discret et structurant en même temps. Les grandes transformations ne viennent que rarement d’un déclic spectaculaire. Elles viennent davantage d’un regard déplacé. Encore. Encore et encore.


Les femmes cultivées ont parfois peur de mal penser


Quant aux penseuses, il existe un paradoxe. Plus les femmes sont cultivées, plus elles sont intimidées en se disant qu'elles ne sont pas des spécialistes, qu'elles ne maîtrisent pas l'intégralité d'un sujet, que ce n'est pas leur domaine principal dont il est question.


Alors, elles préfèrent se taire, consommer des idées plutôt que d'en produire. Elles admirent au lieu de structurer à leur façon. C'est d'ailleurs le propre des intelligences de douter d'elles-mêmes.


Or, penser n’est pas réciter. Il faut oser formuler même maladroitement, même provisoirement puisqu'en réalité la pensée n’est pas une performance mais un processus.


Penser entraîne l’inconfort


penser au quotidien demande du courage

Réfléchir vraiment est inconfortable. Les risques sont nombreux de révéler

des incohérences, des contradictions ou des compromis non assumés. C'est pour cela qu'il est parfois plus simple de rester occupée, d'optimiser les automatismes que l'on n'aimerait plus si on les regardait en face, plus simple d’accumuler.


Penser nous ralentit dans un monde qui accélère et ralentir demande du courage.



Penser est une discipline douce


La Culture Créative du Quotidien repose sur une conviction simple : la pensée n’est pas un luxe, mais une nécessité. Comme une hygiène. On entretient son corps. On entretient son intérieur. Alors, pourquoi ne pas entretenir sa cohérence ?


Choisir une question sur le dîner, le travail, le repos, l’argent, l’art ou la transmission et l’explorer historiquement, culturellement, de manière personnelle et pratique devient alors un entraînement régulier, incarné et structurant.


La vraie question


Nous pensons déjà au quotidien, mais le faisons-nous par réflexe, par réaction ou avec intention ? Où s'arrête le pilote automatique ? Quelle habitude mériterait d’être examinée au lieu d’être répétée ? Quelle question évitons-nous parce qu’elle pourrait déplacer trop de choses ?


D'accord, cela fait plusieurs questions. Mais avouez qu'elles sont toutes entendables, compréhensibles. Aucune n’est réservée aux universitaires. Toutes les femmes qui acceptent de ne plus vivre en surface peuvent chercher des réponses. Et vous en faites partie.


penser son quotidien

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