Les questions du quotidien : tout sauf banales
- Roseline Pendule

- 26 janv.
- 3 min de lecture
Nous passons nos journées à faire des choses sans les penser. Nous pensons cependant beaucoup, mais rarement à ce que nous faisons vraiment. C’est étrange, non ? Non, sûrement, parce que nous y sommes habituées.
Se lever. Préparer un repas. Lire quelques pages. Répondre machinalement à la même question qui revient au quotidien. Dire « je n’ai pas le temps ». Affirmer que « c’est comme ça ».
Le quotidien est plein de gestes, de routines et d’évidences censés nous faciliter la vie. Mais est-ce vraiment le cas ? Les questions du quotidien ne sont peut-être pas si banales, elles méritent en tout cas d’être posées.
Le piège de la répétition au quotidien

Ce que l’on répète chaque jour cesse de se voir. C’est comme toutes les tâches répétitives que l’on pense faites par magie lorsque l’on n’est pas la personne qui se les coltine jour après jour, ça vous parle ?
Eh bien, c’est le danger de la répétition non pensée en amont. La répétition rassure, économise de l’énergie, évite de décider et permet d’avancer sans se poser de questions. Ce qui est excellent pour un quotidien productif et facilité. Si l’on a consciemment choisi cette répétition, qu’on sait encore pourquoi on l’a choisie et si elle est toujours adaptée à nos besoins et envies.
Si la répétition ne remplit pas ces critères, alors ne fait qu’anesthésier le regard. On ne choisit plus. On exécute. Et peu à peu, sans bruit, la vie quotidienne se transforme en enchaînement d’automatismes parfaitement rodés, mais plus frustrants qu’épanouissants, plus contraignants que rentables.
L’illusion du choix
Nous vivons dans une époque qui adore parler de liberté et de possibilités. Pourtant, dans le quotidien, combien de choix sont réellement conscients ? Combien de décisions sont prises parce qu’elles ont été pensées et non parce qu’elles ont été héritées, reproduites ou mises en place il y a si longtemps qu’on ne saurait plus dire pourquoi ?
La plupart du temps, le problème n’est pas le manque d’options, mais le fait que nous ne voyons même plus les possibilités. Pour faire la liste des possibles, il nous faudrait fournir un effort énorme : prendre le temps. Le temps de l’arrêt, le temps du recul et de la pensée pour poser les questions du quotidien.
Pourquoi les questions “simples” du quotidien sont essentielles
« Pourquoi je fais comme ça, au fait ? »« D’où vient cette habitude ? »« Est-ce encore juste pour moi ? »

Ces questions paraissent ordinaires voire même un peu bancales parce que sous leurs airs de questions banales, elles se révèlent subversives.
Dès qu’elles se forment dans notre pensée, ces questions du quotidien rouvrent des espaces là où tout semblait coincé. Elles entraînent une réflexion qui montre à quel point le terrain de la vie courante n’a rien de neutre.
Elles « risquent » même de redonner du choix là où il n’y avait plus qu’une habitude insatisfaisante. Dans le plus facile des cas, elles viennent conforter une situation en l’éclairant de la prise de conscience. Alors, dans les faits, rien ne change hormis la certitude d’agir en accord avec soi et c’est fondamental.
Dans les cas plus complexes, les questions du quotidien engendrent des ajustements nécessaires en vue d’une meilleure manière de faire. Une manière plus juste pour soi. Et le cheminement en vaut largement la peine.
Déplacer le regard avec la Culture Créative du Quotidien
La Culture Créative du Quotidien ne part pas de concepts abstraits. Elle part de ce qui est déjà là, partout, les questions du quotidien. Ces interrogations de la vie courante surgissent depuis un carnet, un livre, une phrase entendue, un geste répété observé.
Son objectif n’est pas d’ajouter des procédures aux habitudes ou des bouleversements aux journées trop remplies. La Culture Créative de Quotidien cherche à déplacer le regard pour voir autrement ce que l’on croyait connaître.
Elle réintroduit de la pensée là où il n’y avait plus que de l’exécution. Elle s’efforce de remettre de la culture, de la créativité et du choix dans l’ordinaire, parce que c’est lui, ce fameux banal qui constitue nos vies.
Si cette manière de regarder le quotidien vous parle, je partage régulièrement une question ordinaire que je prends le temps de déplacer. Vous pouvez recevoir la prochaine lettre ici.





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