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Traite négrière et commerce triangulaire - Classe de 4e

La traite négrière tout comme la maîtrise du concept de commerce triangulaire représente un passage important du programme d'Histoire de 4e. Les collégiens croisent également ce thème historique avec des lectures d'extraits en cours de français.


À la maison, cette leçon ouvre aussi à l'interdisciplinarité et l'orienter vers une exploration géographique facilite la mise en oeuvre et la motivation. N'oubliez pas, ce n'est pas parce que les enfants ont grandi qu'ils n'aiment plus les manipulations et la créativité. C'est juste qu'ils n'ont plus la possibilité de s'y adonner. Voici l'occasion de s'y remettre !


Apportez de la nouveauté au sein des révisions de vos collégiens grâce aux Chronilettres. Dans ces missives, les personnages historiques correspondent entre eux ou s'adressent directement au lecteur.

Ici, un propriétaire terrien du XVIIIe siècle écrit à son fils. Une lecture qui permet de revoir le programme d'Histoire de 4e avec des vidéos à regarder et une activité manuelle facile à mettre en oeuvre... en autonomie !



1777,

La Rochelle, France.

Mon cher fils,


Enfin, je suis reconnu à ma juste valeur ! Après tant d’années à exercer et une fortune de plusieurs millions de livres accumulée, notre bon roi Louis XVI a accepté de me vendre une charge d’officier de sa Maison. Me voici noble !


Quand je pense qu’il y a à peine deux ans le secrétaire de cette même Maison me refusait mon anoblissement. Je ne comprends pas comment ce Guillaume de Malesherbes a pu dénigrer à ce point tout le travail que j’ai accompli à Saint-Domingue. C’était inacceptable, n’est-ce pas ?


Moi, pauvre fils d’un négociant qui ne me laissa que des dettes en guise d’héritage ! Comme il fut difficile de quitter La Rochelle, seul endroit du monde qui m’était familier, pour rejoindre mon oncle à Saint-Domingue ! Quel voyage à travers l’Atlantique !


Heureusement, l’arrivée dans cette colonie m’apporta de multiples bienfaits. L’exploitation agricole de mon oncle me revint et les 250 esclaves qui travaillaient à la culture des terres me permirent de mettre en place une exploitation florissante.

Ah ! Je n’ai pas chômé pendant les trois décennies passées là-bas ! Réceptionner les marchandises, vendre les esclaves, en acquérir d’autres, tout en investissant dans le commerce du sucre avec la France… Quel labeur !


Mais tout cela a porté ses fruits. Ma propriété de Saint-Domingue, lorsque je l’ai quittée voici vingt ans, comptait plus de 300 hectares de terres et de nombreuses constructions dévolues aussi bien à l’usage d’habitations qu’à l’exploitation sucrière.

L’histoire avait dû en décider ainsi, me faisant naître dans le troisième port négrier de France.

D’ici partaient des produits manufacturés à destination de la côte occidentale de l’Afrique. En échange, les esclaves montaient sur les bateaux jusqu’aux Antilles afin d’œuvrer à la production des cultures coloniales revendues en Europe. Ce devait être un signe.


Désormais, je savoure ma fortune et mon temps libre. Je me promène sur le port au milieu des bourgeois qui négocient avec les navires marchands installés à quai. J’observe les ouvriers construisant de nouvelles embarcations dans le chantier naval avant de regagner mon hôtel particulier. Une belle construction, je t’assure !


Ce bâtiment expose ma richesse et mon digne rang de noble fraîchement acquis. Une vie réussie ! Voilà l’exemple que je te laisse, mon Louis-Benjamin.


Aimé-Benjamin Fleuriau de Bellevue.


La Chronilettre, les liens vidéos et l'activité manuelle à imprimer.