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idées pour sortir les livres de la PAL

  • Photo du rédacteur: Roseline Pendule
    Roseline Pendule
  • 4 mai
  • 11 min de lecture

Il y a longtemps de cela, j’achetais mes livres les uns après les autres, au compte-goutte, je les lisais, puis je les rangeais dans ma bibliothèque. Et quelqu’un m’a dit : « Tu sais, Roseline, une bibliothèque, ce n’est pas forcément que pour mettre des livres déjà lus. »


idées pour sortir les livres de la PAL

Quand je repense à cette phrase, voici ce dont je suis sûre : elle a changé ma vie de lectrice puisqu’à partir de là, je me suis autorisée à acheter des livres que je lirai plus tard, avec tout ce temps que peut contenir ce « plus tard indéfini » (je suis certaine que vous savez de quoi je parle).


J’ai aussi entrevu la bibliothèque d’une manière différente, passant d’une exposition de rangement à un endroit vivant, qui bouge, avec ses allées et venues, ses modifications et ses manques de place (mais comment cela se fait-il que ce soit déjà plein ? Toujours trop petites ces étagères !).


Et de manière plus vaste, je pense que cela a dû modifier également mon rapport aux livres, à la liberté d’aimer lire et les livres en tant qu’objets et que tout n’a pas toujours besoin d’être maîtrisé, rationnalisé, utile dans la seconde, bref, vivre une passion quoi !


En revanche, quand je vois mes bibliothèques désormais, qui sont principalement des « bibliothèques à lire », et les efforts que cela me demande pour résister à l’envie d’avoir tous les livres qui me font envie, je ne sais toujours pas si je dois classer les propos de cette personne bien intentionnée dans la catégorie « bonne chose » ou dans « ouverture des portes de l’enfer de la lectrice compulsive » 😊


Sans en arriver à ce stade, il y a quand même quelque chose que toute passionnée de lecture connaît, côtoie au quotidien et entretient parfois assidument : la pile à lire. Et s’il est facile d’empiler les ouvrages les uns sur les autres, au point d’en faire un véritable syndrome, il est ensuite plus difficile de sortir les livres de cette PAL.


Alors, armons-nous de notre lampe frontale et allons explorer cette fameuse pile de livres que nous lirons bientôt ! Ah, la bonne blague ! Et cherchons des idées pour sortir les livres de la PAL !


Qu’est-ce qu’une PAL ?


Tout d’abord, je précise que rien dans cet article sur la pile à lire ne doit être entendu comme culpabilisant ou négatif. Comme en témoigne l’anecdote que je vous rapporte en introduction, même si elle remonte à très longtemps, j’ai quand même mis aussi très longtemps à m’accorder le droit d’avoir une passion et de la vivre en tant que telle avec ce que cela représente de plaisir, de démesure parfois et de lâcher-prise. Donc sachez que je regarde la Pile à Lire avec un œil empli d’amour et de sympathie !


La PAL, pour Pile À Lire, désigne l'ensemble des livres qu'on possède et qu'on n'a pas encore lus. Dans la communauté des lectrices, ces trois lettres représentent à la fois un terme technique, un sujet de conversation inépuisable 😉, une source d'angoisse douce parfois, et souvent une fierté inavouable. La PAL est le signe qu'on aime les livres davantage que le temps ne nous permet de les lire ce qui, convenons-en, est une forme de grandeur d'âme. Si, si, je vous assure !


Ce qui est intéressant, c'est que la PAL n'est pas une pile unique. Elle se décline, se fragmente et se réorganise au fil des saisons et des envies parce que nous ne sommes pas des lectrices monolithiques. Nous avons nos humeurs, des projets et des rituels de lecture qui évoluent au fil du temps.


Quelques PAL différentes 


La PAL principale : tous les livres acquis et non encore lus, dans un ordre plus ou moins aléatoire.

La PAL saisonnière : les livres pressentis pour l'été, l'automne, les fêtes de fin d’année, selon l'atmosphère souhaitée.

La PAL de saga : les tomes en attente d'une série commencée, souvent les plus stressantes.

La PAL cadeau : les livres offerts, reçus, prêtés avec toute la pression affective que cela implique.

La PAL du moment : la sélection de 3 ou 4 titres parmi lesquels on pioche selon l'humeur du soir.


Ici, nous parlons exclusivement des PAL physiques, ces vrais livres papier qui font de l'œil depuis leur étagère, qui parfois basculent et forment de vraies tours de Pise livresques sur la table de chevet. Les PAL numériques sont un autre univers et une autre forme de vertige.


Le syndrome de la pile à lire : quand la PAL prend le dessus


La PAL a son propre mot en japonais : le tsundoku. Le terme vient de l'argot japonais de l'ère Meiji et combine les kanjis qui signifient « accumuler » et « lire ». C'est donc une pratique assez ancienne, et visiblement universelle. Si cela peut vous aider à déculpabiliser, servez-vous de cette information comme vous voulez…


idées pour sortir les livres de ma pile à lire

Mais le tsundoku, dans sa forme douce, reste une manière saine et joyeuse d'entretenir une relation amoureuse avec les livres. Le problème survient quand la PAL cesse d'être une promesse et devient une pression. Quand on ne se souvient plus de la moitié des livres qu'on possède. Quand on achète un livre qu'on avait déjà. Quand on ressent de la culpabilité à l'idée d'en acheter un nouveau.


Pile à lire qui déborde ou bibliomanie ?


Selon l'application de lecture Gleeph, des milliers de lecteurs auraient plus de cent livres non lus dans leur bibliothèque, les femmes étant davantage touchées par ce phénomène, en particulier celles âgées entre 28 et 35 ans. 


Mais au-delà des statistiques, c'est la psychologie qui est intéressante : nous achetons des livres par FOMO littéraire, c’est-à-dire la peur de passer à côté de quelque chose d'essentiel, et par plaisir anticipé. Pour certaines, c'est « le sentiment de se faire plaisir juste en achetant un livre, même si on sait qu'on ne le lira pas avant longtemps. » Sentiment que je connais bien…


Il faut aussi distinguer le tsundoku de la bibliomanie, qui est sa cousine plus excessive. Contrairement au tsundoku, qui ne s'apparente finalement qu'à une manie inoffensive et amusante, la bibliomanie prend l'allure d'une véritable névrose monomaniaque dans laquelle l’accumulation de livres nuit aux relations sociales ou à la santé. Elle est d’ailleurs classée parmi les TOC, Troubles Obsessionnels Compulsifs. 


Rassurons-nous : la grande majorité d'entre nous ne transforme pas sa PAL en TOC et est bien du côté du tsundoku joyeux, pas du syndrome pathologique.

Le vrai syndrome de la pile à lire, dans un sens problématique, est donc moins l'accumulation de livres que le blocage qu'elle peut provoquer.


En effet, la PAL devient paralysante quand elle est trop grande pour qu'on s'y retrouve, trop hétérogène pour qu'on sache quoi piocher ou trop chargée symboliquement pour qu'on ose y toucher sans plan. C'est ce blocage que nous allons chercher à dénouer avec douceur, et quelques idées originales.


idées pour réduire ma pile à lire

5 idées originales pour sortir les livres de la PAL


Précisons que ces idées ne sont pas des contraintes supplémentaires, des règles à respecter à la lettre ou des sources de culpabilité supplémentaire. La PAL est née du plaisir et les solutions pour l'apprivoiser doivent l'être aussi. Ce que nous cherchons ici, ce ne sont pas des méthodes qui nous font lire plus vite ou qui réduisent la PAL à tout prix. Ce sont des façons de renouer avec le désir de lire les livres qu'on a déjà et qui attendent, patiemment, depuis parfois un peu trop longtemps.


Idée n° 1


La nuit des livres oubliés ou se laisser choisir par hasard


Nous passons un temps considérable à choisir notre prochaine lecture et ce choix est souvent source d'anxiété. Trop d'options, trop de peur de se tromper malgré un enjeu assez fictif. Et pendant ce temps, des livres magnifiques attendant dans la PAL depuis deux ans ne sont même plus visibles, relégués dans les couches inférieures de la pile ou aux extrémités des étagères.


L'idée : organiser une fois par saison une « nuit des livres oubliés ». On sort tous les livres de la PAL, ou une section de celle-ci, on les pose à plat sur le lit ou le sol, et on les regarde vraiment. Pas pour en faire une liste ou les reclasser, mais pour renouer avec eux. On les reprend en main, on relit les quatrièmes de couverture, on se souvient pourquoi on les avait achetés. Et on laisse l'un d'entre eux nous « choisir », celui qui crée quelque chose dans la poitrine ce soir-là.


Pourquoi ça marche : le désir de lecture ne se commande pas, il s'allume. Le contact physique avec le livre (son poids, sa couverture, son odeur) réactive le désir initial qui avait motivé l'achat. On joue sur le sensible.


Idée n° 2


Créer des PAL thématiques par humeur, pas par genre


L'organisation classique de la PAL par auteur, par genre, par ordre d'arrivée est souvent inadaptée à la réalité de notre vie de lectrice. Nous ne lisons pas souvent selon un genre ou un auteur, mais selon notre état intérieur. Un soir de grande fatigue, on ne peut pas attaquer un Dostoïevski. Une période de deuil appelle autre chose qu'un roman comique. Un trajet en train pour les vacances réclame autre chose qu'un essai philosophique dense.


L'idée : constituer des petites PAL thématiques par humeur. Non pas « romans » vs « essais », mais des catégories comme : les livres pour les soirs où je suis épuisée, les livres pour quand j'ai besoin d'être bousculée, les livres pour les matins de week-end avec un café, les livres pour les périodes difficiles.

Concrètement, on peut utiliser des Post-it de couleur sur les tranches, des marque-pages spéciaux, ou une petite liste dans son carnet de lecture. Pas besoin de tout reclasser, juste de créer quelques catégories vivantes qui correspondent à notre vraie vie. Bon, d’accord, reclassez-les si vous en avez envie !


Pourquoi ça marche : on sort un livre de la PAL pas parce qu'il est « en haut de la pile » ou « le plus ancien », mais parce qu'il est juste pour ce moment précis. C'est respecter à la fois le livre et soi-même en tant que lectrice.


5idées pour sortir les livres de sa PAL

Idée n° 3


Le pacte de lecture à deux ou lire en miroir


Nombreuses sont les lectrices qui vivent leurs lectures dans une relative solitude. On lit, on aime (ou pas), et personne autour de nous n'a lu le même livre pour en parler.

L'idée : trouver une « partenaire de lecture miroir », pas un club où tout le monde lit le même livre en même temps, mais une amie (ou une lectrice rencontrée en ligne) avec qui on s'engage à sortir chacune un livre de sa propre PAL dans le même laps de temps.


On n'impose rien à l'autre puisque chacune choisit ce qu'elle veut lire. La seule contrainte consiste à se retrouver au bout de deux semaines ou un mois pour parler de nos lectures respectives. Ce n'est pas une lecture commune, mais plutôt une pratique commune de la lecture. Et cette attente douce, ce rendez-vous à l'horizon, suffit souvent à débloquer des livres qui attendaient depuis longtemps.


Pourquoi ça marche : l'engagement social est l'un des moteurs les plus puissants de l'action. Savoir qu'on va en parler crée une douce pression positive et transforme la lecture solitaire en expérience partagée, même si on lit des livres différents. En plus, ainsi, chacune des lectrices repart en connaissant un autre livre que celui lu, bonjour la culture étendue !


Idée n° 4


Le livre-satellite ou faire voyager un livre de la PAL dans sa vie quotidienne


L'une des raisons pour lesquelles les livres restent dans la PAL est qu'ils n'existent que dans un seul endroit, sur l'étagère ou dans le recoin dédié. Or, notre vie quotidienne est pleine de petits moments de lecture possibles et souvent gaspillés en scroll.


L'idée : choisir un livre de la PAL et le transformer en livre-satellite c’est-à-dire un livre qui n'a pas de place fixe mais qui circule avec nous. On le pose sur la table de la cuisine pour le café du matin. On l'emmène dans le sac pour la salle d'attente. On le laisse dans la voiture pour les cinq minutes entre deux rendez-vous.

Ce n'est pas une méthode de lecture, mais bien une invitation permanente. On ne se force pas à lire, on crée les conditions pour que l'envie surgisse naturellement, dans les interstices du quotidien.


Pourquoi ça marche : la disponibilité physique du livre déclenche la lecture bien plus souvent qu'on ne le croit. Ce n'est pas le temps qui manque, mais souvent la friction entre l'envie et le livre qui sont dans deux pièces différentes. Le livre-satellite supprime cette friction.


De mon côté, j’ai opté pour plusieurs satellites. A l’usage, je me rends compte que lire plusieurs livres en même temps me permet de lire plus, notamment parce que chaque endroit où je passe comporte son livre. Pas besoin d’ouvrir un sac, pas besoin d’aller cherche le roman en cours, rien. Juste être là et ouvrir le livre. Zéro friction = plus de lecture !


Idée n° 5 des idées pour sortir les livres de la PAL


La PAL vivante pour faire entrer et sortir les livres comme dans une vraie bibliothèque


Voici peut-être l'idée la plus libératrice de toutes. Accepter que tous les livres de la PAL n'ont pas vocation à être lus par nous. Nos goûts changent. Nos besoins changent. Un livre qu'on avait acheté avec enthousiasme il y a trois ans peut ne plus correspondre à qui nous sommes aujourd'hui et rester dans la PAL par culpabilité, par sentiment de devoir.


L'idée : traiter sa PAL comme une vraie bibliothèque vivante avec des entrées et des sorties. Une fois par an ou par saison, on fait le tour de la PAL et on pose honnêtement la question pour chaque livre : est-ce que j'ai encore envie de lire ce livre, maintenant, avec la lectrice que je suis aujourd'hui ? 


Si la réponse est non, ou si elle demande trop d'effort pour être formulée, on libère le livre. On le donne à une amie, à une boîte à livres ou à une médiathèque. Ce geste de désencombrement n'est pas une trahison du livre, mais sa chance d'être lu par quelqu'un qui en a vraiment envie, maintenant. Et c'est se libérer soi-même d'un poids symbolique qui bloquait peut-être l'ensemble de la PAL.


Pourquoi ça marche : une PAL plus petite mais plus désirée est infiniment plus motivante qu'une PAL immense où on ne sait plus où donner de la tête. La réduction crée de la clarté et la clarté crée de l'élan. En toute honnêteté, il y a de fortes probabilités que lors de ce tri, vous tombiez sur un livre que vous ayez envie de lire instinctivement ou « juste pour voir » avant de décider de la garder ou pas. Qu’importe, le plaisir de lire est là !


Et si l'enjeu n'était pas de vider la PAL, mais de mieux vivre avec elle ?


J’aimerais terminer sur une nuance importante. Toutes ces idées ont un objectif commun qui n’est pas de vaincre cette PAL que nous constituons avec plaisir, mais de renouer avec elle justement pour qu’elle reste ce plaisir. Il y a une différence fondamentale entre vouloir vider sa pile à lire pour en avoir fini avec elle et vouloir en sortir les bons livres au bon moment pour en tirer toute la richesse.


La lectrice qui a une grande PAL n'est pas une lectrice qui a échoué. C'est une lectrice qui a de la curiosité, de l'appétit, du désir. Ce désir mérite d'être respecté, y compris dans ses formes les plus irrationnelles, comme acheter un livre dont on sait très bien qu'on ne le lira pas avant un an.


Ce qui compte est la qualité du rapport qu'on entretient avec ses livres lus ou à lire. Et c'est là qu'un carnet de lecture peut faire une vraie différence. Non pas comme outil de gestion ou de suivi, dont personnellement je ne vois pas l’intérêt de recopier des lignes et des lignes de titres décourageants quand la tour de Pise est bien installée. Mais comme espace vivant où nos lectures passées, présentes et à venir se rencontrent, se répondent et nous racontent qui nous sommes en tant que lectrices.



Idées pour sortir les livres de la PAL : le plaisir avant tout !


Vous l’aurez compris, je ne suis pas la voix de la raison qui vous poussera à baisser votre PAL coûte que coûte. Toutes les paroles dans ce sens ne sont à mes yeux que des moyens de culpabiliser les lectrices.


La PAL est la preuve que nous vivons avec des livres, pas seulement à côté d'eux. Chaque livre en attente est une promesse faite à une version future de nous-mêmes. Ce n'est pas une dette mais un cadeau qu'on s'est fait d'avance, et qu'on ouvrira quand le moment sera venu. Alors, regardez votre pile à lire avec plaisir et gourmandise.


Et si vous ressentez une gêne, de l’angoisse, demandez-vous d’abord si cela vient vraiment de ce que vous avez sous les yeux ou de ce que vous percevez sur les réseaux sociaux ou dans votre entourage. Ensuite, selon la réponse ou les moments de l’année, choisissez une des idées pour sortir les livres de la PAL et amusez-vous ! Ce n’est qu’une bonne occasion de plus de profiter de votre passion pour les livres !



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